En Grèce centrale, autour du Parnasse, la Phocide antique est un pays de passage, un carrefour où se joignent les routes de Delphes et de Daulis. À cette croisée des chemins, Œdipe prit part à son destin pour s’ouvrir aux bifurcations de l’existence, à ses voies impensées. Terre de retour et d’errance, territoire de l’ailleurs, la Phocide est le lieu d’une appartenance révélée où pourtant le meurtre du père n’est encore qu’une erreur, le savoir une porte ouvrant sur l’abîme et le sol à nouveau foulé le commencement d’un exil. Les éditions de la Phocide souhaitent trouver des espaces pour la réflexion où puisse se rejouer le moment initial de l’étrangeté qui préside à la découverte, celui qu’Œdipe éprouva en Phocide. À ce risque, celui d’un bouleversement des lieux, d’un mouvement entretenu de déséquilibres dans nos langues et discours, elles voudraient se tenir pour accueillir, au lieu même de ces bifurcations, une diversité de passeurs et de passants, pour s’ouvrir à leurs traces comme à leurs éclats.
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