S’il est vrai que " personne n'a encore vu naître devant lui morale, dieux ou langage " (dixit Benjamin Fondane), il n’en est pas moins vrai que nous voyons chaque jour périr ce qui fait le fondement de la fonction symbolique immanente à l’humanité. La pratique du don, " un des rocs humains sur lesquels sont bâties nos sociétés ", consiste à établir une relation (symbolon, symbole) et non à conclure un échange : telle est la leçon de Marcel Mauss et de Malinowski. Le don — la triple obligation de donner, de recevoir et de rendre —, met en acte la structure même de la parole dans sa diachronie, dans sa responsabilité. Elle définit le sujet comme lié à la circulation de certains symboles (dépourvus de toute valeur mercantile) et non à la conscience de soi, à " l’impérialisme du Moi "(Levinas). En inventant le concept de don, Mauss a su opposer au sujet du Marché, ainsi qu’au sujet transcendantal de la philosophie et de la science, un être articulé en trois temps, un être social relié à l’Autre et au monde, distinct de l’ego conçu par les philosophes, les psychologues et les théologiens.
Né en 1949 à Charleroi. Licence de philosophie à l’Université Libre de Bruxelles. Depuis 1974, une vocation : la psychanalyse. Rencontre Lucien Massaert, avec qui il fonde la revue La part de l’oeil. En 2000, docteur de l’Université de Paris XII. Divers ouvrages (Un amour de loin, Marguerite Porete : une âme au travail de l’Un, Dieu, le corps, le volume, etc.) ainsi que des articles.
Prix : 29 EUR
Première édition : 2010